2019 – La Corée du Sud

Cette été notre « Trans Europ Expé » sort des frontières de l’Europe. A l’occasion d’un déplacement professionnel de Céline qui tombe finalement au milieu des vacances, nous décidons un peu en dernière minute de partir tous ensemble en Corée du Sud. Le « 4 rivers trail », une grande piste cyclable traversant tout le pays de Séoul à Busan sera l’objectif des vacances pour Sylvian et Vincent, pendant que Céline travaillera.

Mardi 16: après une nuit pour se remettre du long voyage, nous prenons le temps d’accrocher tout le chargement sur les vélos. Le vélo de Vincent ayant été loué sur place la veille à Séoul, il faut arriver à adapter nos bagages (sacoches…) mais cela se fait assez facilement. Pour Sylvian, pas de problème, nous avons pris son vélo par avion (car on n’en n’a pas trouvé en location à Séoul): il a juste fallu transporter le volumineux carton dans les correspondances (tram, TGV, bus…) en plus de nos bagages.Départ de l’hôtel à 11h pour rejoindre la piste qui n’est pas très loin. Le but de la journée est d’arriver à quitter la gigantesque agglomération de Séoul. La piste cyclable très bien aménagée se faufile entre les autoroutes et les diverses voies de circulation, nous passons aussi plusieurs fois le fleuve (Hangang) pour trouver les « registration center »: ce sont des points de passage avec tampons (nous avons acheté un carnet- passeport cycliste prévu pour cela) qui jalonnent tout l’itinéraire.IMG_1210

En fin d’après-midi la piste devient finalement un peu plus calme, étant sur une ancienne voie ferrée (avec tunnels). Repas vers 19h dans un petit restaurant où tout est écrit en Coréen; on trouve une bonne soupe de nouilles peu épicée (on note les caractères pour pouvoir demander la même chose dans d’autres restaurants). Puis la nuit commence à tomber, mais la piste étant éclairée on continue de rouler jusqu’à trouver une aire avec sanitaires pour planter la tente. Vers 22h après 84km de pédalage pour cette première journée, le repos est bien mérité.

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Mercredi 17: réveil par les coqs à 4h puis par la pluie et finalement un peu plus brutalement vers 7h par une dame qui tape sur la tente car elle n’est pas contente: nous avons planté la tente sur des herbes (qui envahissaient le terrain) et apparemment ça ne lui plait pas. Donc on lève le camp rapidement. Le départ est un peu difficile car on n’a pas trop bien dormi. Quelques difficultés aussi pour trouver à manger: riz ou nouilles, même écrit en coréen, ça ne marche pas aujourd’hui (dans un resto-boutique on nous donnera des mini-briques de lait à la place, ce qui convient à Sylvian car c’est bien frais). On essaie de trouver un hôtel en fin d’après-midi mais il faudra atteindre la grande ville de Chongju (après 90km) pour trouver enfin un motel (chambre avec la clim à 27€ la nuit, c’est pas cher). Il faut dire que la clim est indispensable car il fait très chaud et surtout très humide. Le ciel restant couvert toute la journée, il fait assez lourd. Nous trouvons facilement un restaurant typique où nous mangeons un BBQ sur une table basse, assis par terre.

 

Jeudi 18: journée avec des dénivelés. Il y a 2 cols à passer, le premier à 400m, le second à 550m. Ce n’est pas très élevé, mais avec les bagages et surtout la chaleur, on fera pas mal de pauses dans les montées. Et Sylvian monte tout seul ces 2 cols sans aide, bravo !

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Le repas de midi est assez léger car on ne trouve rien à acheter (on se contentera de restes: paquet de chips, bout de pain et petite boite de thon). Crevaison de la roue AV de Sylvian, changement de la chambre à air. Puis pause à un terrain de basket où Sylvian fera son entraînement avec un Coréen. On arrive à trouver une chambre mais la dame refuse la carte bancaire et on n’a pas assez de liquide. Et quand on repart pour aller chercher une banque (à plus de 10km) elle accepte finalement la CB… ouf car il commence à faire nuit. Nous trouvons un restaurant (un peu bling-bling) mais où tout est écrit en anglais. On mange bien, mais trop épicé au goût de Sylvian.

Vendredi 19: retour pour prendre le petit déjeuner au restaurant de la veille (ils ont du cacao chaud pour Sylvian – et du coca pour soigner le ventre de Vincent !). Après quelques km, on perdra la piste (en travaux). On finira par la route pour rejoindre la grande ville et trouver une banque. Petite galère car la CB ne marche dans aucun distributeur de la banque (malgré l’aide de 3-4 employés). Heureusement à la seconde banque, ça fonctionne. Repas à un « Paris baguette », chaîne de resto-salon de thé où l’on trouve des produits à notre goût (pas épicé).

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On récupère ensuite la piste à la sortie de la ville (en général le tracé de la piste évite les centres des villes, ce qui est un peu dommage pour trouver à manger ou se loger). Episode « serpent » que l’on voit au dernier moment sur la piste. Vincent poussant Sylvian, et voulant éviter le serpent, donne un coup de guidon mais manque de tomber (sur le serpent) en cognant le vélo de Sylvian. Quelques montées un peu raides sur la piste: le problème quand on ralentit trop ce sont les moustiques qui nous attaquent (et comme on n’a pas pu faire tous les vaccins avant de partir, on se méfie un peu des maladies comme l’encéphalite japonaise…). Passage à Sangju au musée du vélo (entrée à 0,8€ pour nous 2: vraiment pas cher). La visite est rapide car il n’y a quasiment rien d’écrit en anglais, mais ça fait une pause sympa et on voit toutes sortes de vélos originaux). Après une traversée de la rivière sur un barrage à un point d’information la responsable nous donne 2 pêches, et 2 yaourts et nous indique un hôtel pas loin. Nous allons faire qq courses en prévision du passage de la fin d’un typhon annoncé pour le lendemain matin.

Samedi 20: grasse matinée dans la chambre, même s’il ne pleut pas trop. Réparation de 2 crevaisons avant de partir. A midi il ne pleut quasiment pas: départ. Mais peu de temps après on rencontre la pluie et le vent. On a quelques difficultés pour trouver un restaurant pour manger à l’abri. Le premier marqué « open » étant fermé. Et pour le suivant 7km plus loin il faut escalader le talus pour arriver à quitter la piste et rejoindre la route du restaurant. Mais on mange « traditionnellement » assis par terre (après s’être changés et avoir enlevé chaussures et chaussettes trempés pour rentrer dans la salle).

Les principales villes ressemblent à cela: des quantités d’immeubles de logements (de 30 étages) que les Coréens semblent préférer aux campagnes… De même il est impossible de voir un paysage naturel sans des ponts, autoroutes, viaducs et des quantités de voitures et camions qui le traversent, sans parler des nuisances sonores…

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En fin d’après-midi on recherche un hôtel, on suit des flèches mais rien… même en demandant on n’arrive pas à trouver car personne ne parle anglais (difficile de se faire comprendre). Donc retour sur la piste qui longe souvent la voie rapide, bruyante, et on pédale jusqu’à la nuit. On trouve un abri en bord de piste pour monter la tente. Il se remet à pleuvoir + vent fort dans la nuit qui mouille la tente par le dessous. On doit regrouper les affaires et se serrer d’un côté pour ne pas être trop mouillé… nuit un peu difficile.

Dimanche 21: fin de la pluie le matin, tant mieux. Départ après avoir tout rangé (sans pouvoir faire sécher) et vidé la sacoche de provisions qui a été envahie par les fourmis. Toujours du vent (de face) au départ. Pas facile non plus de trouver quelque chose pour le petit déjeuner. A midi on mange dans une boutique sur un barrage: il y en a pas mal qui sont prévues principalement pour les cyclistes. On y trouve notamment du riz et des hamburgers sous plastique que l’on fait réchauffer au micro-ondes à disposition. Beaucoup de pauses, dont une « trampoline » pour Sylvian. Il y a de nombreux parcs de jeux à disposition, gratuits. Vers 17h on décide de trouver un hôtel (mieux vaut s’y prendre en avance). Passant par un temple, nous demandons s’ils font « temple-stay ». IMG_1372La dame nous dit oui: le logement et le repas sont même offerts. Il y a 1 seul moine, et on peut assister à un office et au concert de gong. La chambre est plutôt un local-débarras où l’on peut tout juste y mettre nos 2 matelas, mais on a une douche chaude. Et un bon repas le soir (quasiment aussi le même le lendemain matin: riz + légumes épicés).

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Lundi 22: Départ de bonne heure (car petit déj à 7h). 3 grandes montées très raides de près de 200m de dénivelé dans la matinée. Dur dur car on crève de chaleur. On fait plein de pauses et on achète quand on peut des boissons fraîches (qui ne le restent pas longtemps). On modifie un peu l’itinéraire pour trouver une ville pour y manger vers 14h et pour rejoindre une autre ville le soir, pour trouver à se loger. Il n’y a qu’un hôtel, pas top (pas de lavabo dans la chambre, seulement une douche) mais tant pis… au moins c’est typique: matelas par terre…

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Repas sushis au restaurant à côté. Puis quelques courses au supermarché pour compléter le repas.

Mardi 23: le but de la journée est d’arriver à l’hôtel à Busan pour rejoindre Céline qui a fini ses 8 jours de travail. On galère un peu pour trouver la piste au départ. A midi, pause food-truck en bord de piste. On trouvera de plus en plus de ravitaillements car on s’approche de la grande ville. Rencontre de Loïc, un Français (prof au Maroc) qui est en Corée pour sa première grande expérience cycliste. On fait qq km avec lui et Sylvian apprécie bien les myrtilles qu’il partage avec nous. Puis nous quittons la piste (8km avant la fin) pour rejoindre notre hôtel: il faut traverser une bonne partie de Busan, à l’aide du GPS… soit 15km. On mettra 3 heures, car on doit emprunter les trottoirs (rouler sur la route est quasi impossible à cause de la circulation très dense)… mais ça n’est pas mieux sur les trottoirs qui grouillent de monde, de boutiques… Finalement après 85km, on arrive à l’hôtel près de la plage et à la boutique pour rendre le vélo de location. Sylvian appréciera le bain dans la mer (de l’est ou du Japon), et à la nuit la vue sur les buildings éclairés est impressionnante.P1100189

Voilà, notre traversée cycliste de la Corée du sud se termine après 615km de pédalage en 8 jours. On n’aura pas vu de village typique; c’est un pays hyper industrialisé et urbanisé, les gens délaissent les campagnes pour aller s’entasser dans des tours de 30 étages dans n’importe quelle petite ville… où c’est le temple de la (sur)-consommation… Les campagnes plus traditionnelles que l’on a traversé ne sont pas particulièrement jolies: c’est plutôt envahi de plastiques et de déchets en tout genre… comme ça l’est de plus en plus sur la planète 😦

Autrement les Coréens sont très polis, courtois, bienveillants, propres… ça change de la France 🙂

Et on a vu ce que peut être une belle piste cyclable de qualité, avec les infrastructures et la signalisation spécifique adaptée… ça ferait rêver ici en France… pourquoi ne pas s’en inspirer !

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