Italie-Grèce: été 2016

Cette année nous changeons un peu de principe pour cette TransEuropExpé à destination de la Grèce : nous optons pour le fourgon d’assistance qui nous accompagnera et accueillons notre collègue Thierry pour partager cette expédition. Ainsi chacun conduira le fourgon à tour de rôle, ce qui nous permettra de rouler allégé… et aussi de se reposer (surtout les jambes) pour celui qui sera au volant !

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Première partie : la traversée des Alpes – Vincent et Thierry en autonomie pour plusieurs jours (bagages)

Nous partons de St Priest assez tôt ; petite galère pour passer l’aéroport de St Exupéry, puis ça roule, malgré 2 chûtes de Thierry (faut s’habituer aux pédales automatiques) et de belles blessures pour commencer. Bonne pause sieste et baignade au bord de la ViaRhôna. Puis première difficulté, le col du chat, 637m seulement, mais après plus de 100km de pédalage pour la première journée, c’est dur… Et dans 2 jours, c’est le col du Montcenis à plus de 2000m qui nous attend !

Lac du Bourget – Chambéry, petit arrêt à la maison du vélo – Aiguebelle, baignade dans le lac d’Epierre – pause bière-monaco à Ste Marie de Cuines. Il fait chaud et la vallée de la Maurienne monte de plus en plus. On s’arrête finalement au camping de St Michel de Maurienne (108km). Et direct au resto pour le match de la finale de l’Euro. Re-bière, pizza… on n’attend pas les prolongations et les tirs aux buts pour aller se coucher (de toutes façons le match n’est pas passionnant !) car il faut se lever tôt le lendemain.

« Il est idiot de monter une côte à bicyclette quand il suffit de se retourner pour la descendre » [ Pierre Dac]

Départ à 7h20 (à la fraîche !). Pause à la « maison penchée » de Modane (ancien bunker qui gardait l’entrée du tunnel ferroviaire du Fréjus). Puis on grimpe, tranquillement d’abord jusqu’à Termignon – Lanslebourg, puis sérieusement jusqu’au col du Montcenis (2080m). Les températures ont changé : un vent glacial arrive d’Italie. On se fait une bonne pause au resto du col où la patronne (une dame assez âgée) nous raconte plein d’histoires et de légendes du siècle dernier sur le col, le lac et le barrage. Puis descente de 1500m de dénivelé, direct jusqu’à Suza. On pédale un peu en direction de Turin et arrêt au camping d’Avigliana après 123km. Orage + pluie pour la nuit.

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Le lendemain départ avec la pluie (tente mouillée) et pas mal d’averses pour cette journée. Contournement de Turin pas agréable : voies rapides, zones industrielles… et on commence à se confronter à la conduite italienne (pas de clignotant, queue de poisson, ouverture de portière sans regarder…). Passage à Valfénéra devant l’usine CorTubi (bien connue de Vincent) : arrêt pour dire bonjour à Franco + boisson fraîche bien agréable ! Fin de la journée à Asti.

« Il est idiot de galérer à pédaler face au vent quand il suffit de se retourner pour avancer sans se fatiguer » [Vincent]

Nous démarrons par des petits chemins boueux à travers champs. Puis à midi le vent se met à souffler de face : galère. On avance au ralenti (12km/h)… Heureusement dans un petit village le patron d’une auberge se précipite dehors pour nous inviter à boire un jus de fruit frais, ça nous remotive. Finalement après 111km, on se pose, d’autant plus qu’un violent orage s’approche. Nous attendrons qq heures à l’abri. Céline et Sylvian nous rejoignent en fourgon vers 21h30 à Montoggio.

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Seconde partie : la traversée de l’Italie – Céline / Sylvian / Vincent / Thierry avec le fourgon d’assistance pour les bagages.

Nous allons cheminer tranquillement (en faisant quand-même 100km de vélo chaque jour) à travers l’Italie, en cherchant des petites routes avec des dénivelés limités (pas facile). En fin de journée (parfois un peu tard), on recherche un coin tranquille pour bivouaquer (tente + fourgon). Celui qui conduit étant chargé de l’intendance (courses, remplissage des bidons d’eau…)… de retrouver les pédaleurs… parfois pas évident malgré les GPS, SMS et tel portables. D’autant plus que l’on avance vers l’est, le jour se couche tôt et les soirées sont d’autant plus courtes…il faudrait se lever plus tôt le matin, mais bon, on est en vacances quand-même !

Tous les chemins mènent à Rome… ou pas !

Nous traversons des paysages, régions et sites connus et agréables : Carare, Sestri Levante, la Toscane, passo del Bracco, le sentier della Bonifica, l’acquedotto Carolino… Mais nous contournons les trop grandes villes (Naples, Rome), suite à l’expérience peu agréable de la banlieue de Turin.

Les journées de pédalage sont ponctuées par les visites de nombreux sites touristiques:

  • Pise : lever de bonne heure du camping à proximité pour faire visiter la tour à Sylvian qui attendait cela avec impatience… mais grosse déception : il faut avoir au moins 8ans… encore une question de règles de sécurité et de précautions excessives !
  • Florence (Santa Maria del Fiore et le duomo sont malheureusement fermés)20160717_120804
  • Perugia : jolie ville médiévale sur une colline qui domine les environs
  • Assisi : pélérinage à la basilique St François
  • Spoleto : jolie ville, où des escalators ombragés permettent de monter en haut jusqu’à la forteresse… puis redescente à pieds à travers la vieille ville
  • Pompéi, Ercolanum…
  • La côte amalfitaine (Sorrento, Positano, Amalfi) : parfait à vélo. Plus difficile pour trouver un coin pour camper, il n’y a pas un espace libre (même pour se garer en voiture)20160724_175425
  • Matera : ville « musée à ciel ouvert », habitats troglodytes, classée au patrimoine mondial de l’humanité par l’Unesco

On se régale de figues et pastèques ramassées en bord de route (ou achetées sur les marchés). Et de cafés italiens et de glaces artisanales. En général, l’après-midi de pédalage est ponctuée de pauses : d’abord café puis glace puis bière, en plus des pauses rafraîchissement aux fontaines (à chaque fontaine !).

Mais pour les baignades en mer, c’est bien plus difficile : plages privées sur plusieurs kilomètres… il faut arriver à trouver la plage publique… mais où il est interdit d’accéder à vélo… tant pis on se baignera plus loin… en Grèce !

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La conduite italienne est particulière : dépassement en virage sans visibilité, aucun respect de la signalisation… mais on s’y habitue vite: comme tout le monde on ne s’arrête plus aux feux, ni aux stops, il suffit de regarder si on peut passer ou se faufiler. On est toujours attentif ; c’est presque plus sûr qu’en France où l’on est confiant quand on a la priorité (sauf quand l’autre oublie qu’il n’a pas la priorité… là c’est dangereux). Aussi au niveau de la sécurité, c’est particulier : moins d’un conducteur sur 10 met sa ceinture, pareil pour le casque en scooter, vespa ou moto…

  • Et puis nous sommes déçus et choqués par les détritus. Plus on descend vers le sud plus c’est sale (sauf autour des sites comme Pompéi ou la côte amalfitaine où c’est nettoyé spécialement pour le tourisme): les bords des routes sont des décharges sur des kilomètres et des kilomètres. Sans parler du tri qui est inexistant… le fait de jeter ses déchets dans une poubelle doit être un acte écologique pour eux (que peu d’italiens pratiquent)!

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Région des Pouilles, dernière journée en Italie et dernier challenge : on doit être au ferry à 18h (pour un départ à 21h)… soit 120km. On part à 8h30. Passage à Tarente, en prenant même des voies rapides, sur la bande d’arrêt d’urgence, car en fait il n’y a pas d’autre route : là la moyenne augmente car on ne traîne pas et on surveille bien derrière dans le rétro. En fait tout est autorisé pour les vélos, sauf les tunnels… Enfin même si ça n’est pas autorisé, il n’y a aucun contrôle (comme pour la ceinture de sécurité ou le casque de moto…).

Pas de pause-café en début d’après-midi car nous sommes pressés, d’autant plus qu’un orage nous poursuit, on voudrait l’éviter. Heureusement pas de dénivelé… Finalement quelques kilomètres avant Brindisi comme nous sommes dans les temps (ouf !) on s’offre une pause-café-glace (délicieuse, presque trop copieuse, 2 boules pour 1,5€ !)… on va regretter l’Italie pour les glaces, et les cafés.

Il nous aura fallu 20 jours de pédalage depuis St Priest, 2000km parcourus… en fait, c’est grand la botte (… ça fait quelle pointure ?), pour arriver à Brindisi au sud-est de l’Italie.

 

Troisième partie : la Grèce

Finalement nous décidons de faire traverser le fourgon (nous avons réussi à trouver une place sur un ferry) et de modifier le programme initialement prévu.

Les dénivelés relativement importants de l’itinéraire cycliste nous faisant un peu peur à vélo avec tout le matériel (sauf pour Thierry), ce sera plage, détente, visites… et quasiment pas de pédalage pour Vincent, Céline et Sylvian (après 3 semaines de pédalage, on a droit à un peu de repos, on est en vacances quand-même !). Thierry étant toujours motivé pour pédaler : nous le retrouverons sur différents sites et pour notre dernière soirée à Athènes.

Car les plages en Grèce, c’est le top. Contrairement à l’Italie, on s’arrête au bord de la route et on plonge direct dans l’eau… où l’on y resterait des heures vu la température (29°C). Sylvian apprécie le masque et le tuba pour s’amuser et suivre les poissons. Et puis on peut y dormir sans problème, et aller prendre un bain direct le matin.

Aussi la Grèce c’est bien plus calme : beaucoup moins de voitures qu’en Italie, et même presque pas de touristes sur les principaux sites (sauf sur l’Acropole à Athènes).

Les sites visités : Olympie (Sylvian gagnera les courses de 192m sur le stade), le temple d’Apollon Epikourios (protégé sous un gigantesque chapiteau), Nauplie (où l’on monte à pieds les 825 marches pour accéder à la citadelle), Epidaure (et son superbe théâtre du 4è s av J.C. parfaitement conservé), le canal de Corinthe, Athènes (l’Acropole, le temple de Zeus…), Delphes, les Météores où l’on apprécie l’hospitalité grecque, en discutant avec un grec, il nous invite chez lui à boire un peu d’eau bien fraîche et après plus de 30 min de discussion nous repartons avec des concombres de son jardin et même 2 belles icônes en cadeau pour Sylvian.

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Dernière partie : le retour

En avion (c’est plus rapide) pour Thierry et son vélo, après qq jours de visite d’Athènes.

Par la côte Adriatique via l’Albanie, le Monte-Negro, la Bosnie, la Croatie, la Slovénie et le nord de l’Italie en fourgon pour Vincent, Céline et Sylvian : 6 jours, parsemés d’aventures, de passages de frontières, de découvertes de ces pays très différents, et pourtant pas très éloignés de chez nous…

“Rester c’est exister, voyager c’est vivre” Gustave Nadaud

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5 réponses à “Italie-Grèce: été 2016

  1. Je croyais que les vacances étaient faites pour se reposer… 😉
    Mais il paraît que les voyage forment la jeunesse. L’histoire ne dit pas si c’est également le cas en vélo ! Merci pour ces news.

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